Reconquête de la qualité de l’eau potable : le SIAEP Nord Est Charente engagé dans une stratégie foncière avec des agriculteurs à Aunac-sur-Charente

12 janvier 2026

Mercredi 17 décembre 2025, le Syndicat intercommunal d’alimentation en eau potable Nord Est Charente (SIAEP NEC) a officialisé la signature de trois baux ruraux à clauses environnementales sur une surface de 8 hectares avec 3 agriculteurs en polyculture-élevage. Cette opération s’inscrit dans le cadre des programmes d’actions Re-Sources, porté par le SIAEP NEC et animés par Charente Eaux depuis plus de 10 ans[1].

Pour préserver son captage d’eau potable de la Source de la Mouvière (Moutonneau), classé prioritaire suite au Grenelle de l’environnement en 2009, le syndicat a entre autres mis en place une stratégie foncière avec un double objectif :

  • La préservation de la qualité de la ressource,
  • Le maintien des activités agricoles de son territoire.

Différentes études hydrogéologiques ont été menées, notamment pour définir l’aire d’alimentation de captage (AAC) de la source exploitée, les zones les plus vulnérables de l’AAC et le temps de résidence des eaux souterraines captées. Une AAC se définit comme l’ensemble de la surface sur laquelle l’eau s’infiltre ou ruisselle et contribue à alimenter la ressource en eau souterraine dans laquelle se fait le prélèvement. L’objectif du syndicat est ainsi de proposer des outils aux agriculteurs en place sur cette AAC et particulièrement sur les zones les plus vulnérables, pour les aider à limiter l’usage d’intrants qui pourraient se retrouver au captage (nitrates et pesticides).

C’est pourquoi le syndicat s’est porté acquéreur de foncier agricole lors d’une vente SAFER[2] en 2025. Il a été attributaire d’une partie des parcelles en vente, sous deux conditions :

  • Qu’il mette à bail les parcelles à trois agriculteurs qui s’étaient également portés acquéreurs,
  • Qu’il inscrive dans ses baux des clauses environnementales.

En signant ces baux, les agriculteurs s’engagent :

  • Soit à respecter le cahier des charges de l’agriculture biologique sur ces parcelles,
  • Soit à mettre en place une rotation de cultures d’au moins 7 ans, intégrant si possible de la prairie, et sans monoculture de céréales.

En parallèle, un diagnostic territorial d’infrastructures agro-écologiques sera prochainement réalisé sur les zones sensibles de l’AAC. Si ce dernier conclut à la pertinence d’implantation de haies et/ou bandes enherbées sur les parcelles louées, les agriculteurs s’engageront à suivre les recommandations et à maintenir ces infrastructures sur le long terme.

Pour M. Pierre Madier, Président du SIAEP NEC, c’est une solution « gagnant-gagnant ». Le syndicat applique une décote sur le fermage[3] et les pratiques agricoles ont un impact moindre vis-à-vis de la qualité des eaux brutes captées de la source de la Mouvière.

Cette signature a fait l’objet de deux articles (Cf. liens ci-dessous) :

 

Crédit photo : Alexandre Veschini

[1] Le contrat Re-Sources 2025-2030 AAC Source de la Mouvière a été signé le 17 novembre 2025 (Cf. Article en ligne).

[2] Société d’aménagement foncier et d’établissement rural

[3] Un saut de catégorie par rapport à l’arrêté préfectoral fixant le prix des fermages